Liz Santoro et Pierre Godard : une collaboration entre danse et recherche
La rencontre entre Liz Santoro et Pierre Godard a produit une série de créations où la danse contemporaine dialogue avec les mathématiques, les sciences cognitives et les systèmes d’information. Leur travail attire l’attention par sa précision formelle, sans perdre le goût du jeu, de l’adresse au public et de la présence des interprètes.
Cette page concerne le Pierre Godard lié au spectacle vivant et aux projets chorégraphiques de Liz Santoro. Plusieurs personnalités portent ce nom, dont un médecin et un ancien syndicaliste : les informations qui suivent se rapportent bien à l’artiste et collaborateur de scène.
Deux parcours qui se croisent par la pratique
Liz Santoro est une chorégraphe et interprète américaine installée en France. Avant de se consacrer à la danse, elle a étudié les sciences cognitives et travaillé dans la recherche scientifique ; ce parcours nourrit durablement son écriture et sa façon de construire une situation de scène.
Pierre Godard vient, lui, d’une formation d’ingénieur et d’une première expérience dans la finance. Il s’oriente ensuite vers le théâtre, où il travaille notamment comme technicien et assistant éclairagiste, avant de développer une pratique d’interprète et de collaborateur artistique auprès de Liz Santoro.
Leur association ne repose pas sur une simple illustration de concepts scientifiques. Elle fabrique des règles de jeu concrètes : une phrase qui circule entre les corps, un mouvement dont les variations se propagent, une décision prise selon un protocole visible ou discret.
La scène comme espace d’expérience
Chez Liz Santoro et Pierre Godard, la chorégraphie s’écrit souvent à partir de contraintes. Les interprètes peuvent suivre des partitions, répondre à des signaux ou modifier leur action selon des données produites pendant le spectacle. Le public observe alors une danse qui pense en train de se faire.
Cette méthode donne une place centrale à l’attention. Un léger décalage de rythme, une consigne oubliée ou une variation dans le regard peut déplacer toute la composition. La rigueur du dispositif ne fige donc pas les corps : elle rend perceptibles leurs choix, leurs hésitations et leur écoute mutuelle.
La parole joue aussi un rôle fort dans leurs pièces. Elle peut servir de matériau sonore, d’instruction, de récit ou de source de malentendu. Ce frottement entre langage et geste permet d’aborder des questions complexes avec une grande économie de moyens scénographiques.

Des œuvres repères dans leur collaboration
Relative Collider, créé en 2013, figure parmi les projets qui ont marqué leur collaboration. La pièce s’intéresse aux rapports entre deux personnes, à l’influence réciproque des gestes et à ce qui se transforme lorsqu’une action passe d’un interprète à l’autre.
Avec For Claude Shannon, présenté en 2014, les artistes se réfèrent aux travaux du mathématicien Claude Shannon, figure fondatrice de la théorie de l’information. La scène devient un terrain de transmission : les messages circulent, se codent, se brouillent et produisent de nouveaux mouvements.
Dans We Do Our Best, la collaboration élargit encore cette recherche sur les règles, le hasard et l’organisation collective. Ces titres appartiennent à l’historique de leur parcours ; ils ne renseignent pas à eux seuls sur les tournées ou programmations actuelles, qui doivent toujours être vérifiées auprès des lieux d’accueil.
Pourquoi leur travail parle à des publics variés
La recherche est présente dans ces œuvres comme une pratique partagée, et non comme un savoir réservé aux spécialistes. Le spectateur n’a pas besoin de maîtriser les mathématiques ou les sciences cognitives pour suivre l’expérience : il peut regarder une relation, entendre une instruction ou sentir qu’un ordre se dérègle.
Cette accessibilité tient aussi à la qualité d’interprétation. Pierre Godard apporte une attention fine aux détails, à la temporalité et à la circulation de la parole. Face à lui, Liz Santoro compose des cadres qui laissent apparaître l’humour, le trouble et la fragilité des échanges humains.
Pierre Godard et Liz Santoro : ce qu’il faut retenir
Leur collaboration propose une danse de l’observation et de l’expérimentation. Elle relie la pratique artistique à des questions précises : comment une information passe-t-elle d’un corps à l’autre ? Comment une règle agit-elle sur une relation ? Que reste-t-il d’imprévu dans un dispositif très construit ?
Pour découvrir leur univers, mieux vaut chercher les archives des théâtres, festivals et centres chorégraphiques qui les ont accueillis, puis consulter les annonces récentes des compagnies et des scènes. Les dates, distributions et formats de rencontre évoluent selon les résidences, reprises et invitations de programmation.
